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UN PASSAGE AUX URGENCES OU UNE HOSPITALISATION POUR EFFET INDÉSIRABLE MÉDICAMENTEUX GRAVE COÛTE PRÈS DE 4.000 EUROS
Les données en vie réelle apportent des informations complémentaires aux essais cliniques sur le rapport bénéfice/risque d'un médicament, une fois qu'il est administré à une population plus large de patients. Le système de pharmacovigilance participe ainsi à cette amélioration des connaissances, rappellent Marion Tissot et ses collègues du CHU de Besançon dans Thérapies.
Il est essentiel d'identifier les effets indésirables graves d'un médicament pour notamment contribuer à améliorer la qualité et la sécurité des soins. Selon une précédente étude, les effets indésirables médicamenteux graves représentent 3,6% de l'ensemble des hospitalisations en France alors que près de la moitié serait évitable ou potentiellement évitable.
Dans cette étude rétrospective, les chercheurs ont voulu analyser plus en détails ces effets indésirables médicamenteux graves et son impact économique à l'échelle de leur CRPV qui couvre la Franche-Comté sur 2015-2018.
Tous les cas graves transmis à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur cette période de quatre ans ont été recueillis, après exclusion de patients porteurs d'anomalies congénitales. Il s'agissait de patients passant aux urgences ou hospitalisés pour effet indésirable médicamenteux grave ou développant un effet indésirable médicamenteux grave lors de leur hospitalisation ou d'une consultation à l'hôpital.
L'analyse a porté sur 1.185 patients, âgés de 65,2 ans en moyenne, avec 54,6% de femmes, avec un total de 2.585 réactions graves confirmées, générant 1.242 notifications individuelles de sécurité (soit en moyenne 2,1 réactions graves par cas notifié mais une seule en médiane).
Parmi ces patients, 58,6% sont venus aux urgences ou ont été hospitalisés pour un effet indésirable grave; dans 22,2% des cas, l'effet indésirable grave est survenu au cours de l'hospitalisation et pour 19,2%, en ambulatoire.
Les chercheurs ont estimé le coût direct de ces effets indésirables médicamenteux graves, de l'hospitalisation pour la prise en charge de ces effets indésirables à la sortie du patient. Ils ont tenu compte du coût du séjour hospitalier et le cas échéant, de l'admission en réanimation, du recours à des médicaments onéreux ou des dispositifs médicaux.
Parmi les 721 cas arrivés aux urgences ou hospitalisés pour effets indésirables graves, près de 75% ont été pris en charge au CHU de Besançon. Sur les quatre ans, le coût estimé par cas grave notifié était estimé à 3.725 euros en médiane.
Le coût apparaissait plus important pour les patients âgés de 65 ans et plus (4.048 € vs 2.960 € pour les moins de 65 ans) et lorsque les médicaments impliqués entraient dans les catégories ATC "sang et organes hématopoïétiques" (4.539 € vs 3.329 € en l'absence d'un médicament de cette catégorie) mais moins élevé lorsqu'il s'agissait d'un médicament de la classe ATC des "anti-infectieux" (2.797 € vs 3.804 €).
Au total 2.360 médicaments ont été identifiés comme étant impliqués dans ces cas, soit 1,9 médicament en moyenne par notification. Les trois quarts de ces médicaments appartenaient aux catégories ATC du sang et organes hématopoïétiques (24,3%), des antinéoplasiques et immunomodulateurs (16,5%), des anti-infectieux à usage systémique (14,1%), du système nerveux (12,8%) et des préparations hormonales systémiques, hormones sexuelles et insulines exclues (8,3%).
À un degré plus précis, ce sont, par ordre décroissant, les agents antithrombotiques, et en particulier la fluindione, les antinéoplasiques et les antibactériens systémiques qui étaient les plus fréquemment mis en cause pour les patients venant aux urgences ou hospitalisés pour effets indésirables graves.
Les mêmes sont impliqués pour les patients qui ont développé des effets indésirables graves mais dans un ordre différent, les antibactériens systémiques en premier, suivi par les agents antithrombotiques et les antinéoplasiques. Le médicament imputable le plus fréquent était toutefois l'héparine (5,5% de ces cas à lui seul).
Enfin, pour les patients en ambulatoire, ce sont d'abord les traitements de la thyroïde qui ont pu provoquer des effets indésirables graves, et en premier la lévothyroxine sodique, suivis par les antinéoplasiques et les immunosuppresseurs.
Malgré les limites des données de pharmacovigilance, ces résultats issus de la "vraie vie" soulignent l'importance pour les professionnels de santé de continuer à s'améliorer dans la prescription, la délivrance et l'administration des médicaments, concluent les chercheurs.
(Thérapies, édition en ligne du 15 décembre)
ld/ab/APMnews
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UN PASSAGE AUX URGENCES OU UNE HOSPITALISATION POUR EFFET INDÉSIRABLE MÉDICAMENTEUX GRAVE COÛTE PRÈS DE 4.000 EUROS
Les données en vie réelle apportent des informations complémentaires aux essais cliniques sur le rapport bénéfice/risque d'un médicament, une fois qu'il est administré à une population plus large de patients. Le système de pharmacovigilance participe ainsi à cette amélioration des connaissances, rappellent Marion Tissot et ses collègues du CHU de Besançon dans Thérapies.
Il est essentiel d'identifier les effets indésirables graves d'un médicament pour notamment contribuer à améliorer la qualité et la sécurité des soins. Selon une précédente étude, les effets indésirables médicamenteux graves représentent 3,6% de l'ensemble des hospitalisations en France alors que près de la moitié serait évitable ou potentiellement évitable.
Dans cette étude rétrospective, les chercheurs ont voulu analyser plus en détails ces effets indésirables médicamenteux graves et son impact économique à l'échelle de leur CRPV qui couvre la Franche-Comté sur 2015-2018.
Tous les cas graves transmis à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur cette période de quatre ans ont été recueillis, après exclusion de patients porteurs d'anomalies congénitales. Il s'agissait de patients passant aux urgences ou hospitalisés pour effet indésirable médicamenteux grave ou développant un effet indésirable médicamenteux grave lors de leur hospitalisation ou d'une consultation à l'hôpital.
L'analyse a porté sur 1.185 patients, âgés de 65,2 ans en moyenne, avec 54,6% de femmes, avec un total de 2.585 réactions graves confirmées, générant 1.242 notifications individuelles de sécurité (soit en moyenne 2,1 réactions graves par cas notifié mais une seule en médiane).
Parmi ces patients, 58,6% sont venus aux urgences ou ont été hospitalisés pour un effet indésirable grave; dans 22,2% des cas, l'effet indésirable grave est survenu au cours de l'hospitalisation et pour 19,2%, en ambulatoire.
Les chercheurs ont estimé le coût direct de ces effets indésirables médicamenteux graves, de l'hospitalisation pour la prise en charge de ces effets indésirables à la sortie du patient. Ils ont tenu compte du coût du séjour hospitalier et le cas échéant, de l'admission en réanimation, du recours à des médicaments onéreux ou des dispositifs médicaux.
Parmi les 721 cas arrivés aux urgences ou hospitalisés pour effets indésirables graves, près de 75% ont été pris en charge au CHU de Besançon. Sur les quatre ans, le coût estimé par cas grave notifié était estimé à 3.725 euros en médiane.
Le coût apparaissait plus important pour les patients âgés de 65 ans et plus (4.048 € vs 2.960 € pour les moins de 65 ans) et lorsque les médicaments impliqués entraient dans les catégories ATC "sang et organes hématopoïétiques" (4.539 € vs 3.329 € en l'absence d'un médicament de cette catégorie) mais moins élevé lorsqu'il s'agissait d'un médicament de la classe ATC des "anti-infectieux" (2.797 € vs 3.804 €).
Au total 2.360 médicaments ont été identifiés comme étant impliqués dans ces cas, soit 1,9 médicament en moyenne par notification. Les trois quarts de ces médicaments appartenaient aux catégories ATC du sang et organes hématopoïétiques (24,3%), des antinéoplasiques et immunomodulateurs (16,5%), des anti-infectieux à usage systémique (14,1%), du système nerveux (12,8%) et des préparations hormonales systémiques, hormones sexuelles et insulines exclues (8,3%).
À un degré plus précis, ce sont, par ordre décroissant, les agents antithrombotiques, et en particulier la fluindione, les antinéoplasiques et les antibactériens systémiques qui étaient les plus fréquemment mis en cause pour les patients venant aux urgences ou hospitalisés pour effets indésirables graves.
Les mêmes sont impliqués pour les patients qui ont développé des effets indésirables graves mais dans un ordre différent, les antibactériens systémiques en premier, suivi par les agents antithrombotiques et les antinéoplasiques. Le médicament imputable le plus fréquent était toutefois l'héparine (5,5% de ces cas à lui seul).
Enfin, pour les patients en ambulatoire, ce sont d'abord les traitements de la thyroïde qui ont pu provoquer des effets indésirables graves, et en premier la lévothyroxine sodique, suivis par les antinéoplasiques et les immunosuppresseurs.
Malgré les limites des données de pharmacovigilance, ces résultats issus de la "vraie vie" soulignent l'importance pour les professionnels de santé de continuer à s'améliorer dans la prescription, la délivrance et l'administration des médicaments, concluent les chercheurs.
(Thérapies, édition en ligne du 15 décembre)
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