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UNE ANNÉE DE TRANSITION POUR LE CH SAINT-BRIEUC PAIMPOL TRÉGUIER, QUI A PU AMÉLIORER SES COMPTES
SAINT-BRIEUC, 22 janvier 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier (CH) Saint-Brieuc Paimpol Tréguier a connu une année charnière en 2025, qui lui a permis de redresser sa trajectoire financière et de lancer des chantiers de modernisation, a présenté sa directrice, Ariane Benard, mercredi lors de la cérémonie des vœux à Saint-Brieuc.

"Avec une amélioration de 10 millions d'euros [M€] de son résultat, notre paquebot a changé de direction", a-t-elle annoncé, parlant d'un "exploit" grâce à "l'engagement de tout le collectif hôpital, l'activation de tous les leviers".
Issu de la fusion des trois établissements il y a deux ans, le CH Saint-Brieuc Paimpol Tréguier (2.305 lits et places) a pu faire passer son déficit de 25 M€ en 2024 à 15 M€ en 2025 alors que l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) visait -25 M€. Pour 2026, l'EPRD a prévu un déficit de 10 M€ sur près de 470 M€ de budget principal.
Ce qui a permis ce résultat, c'est "une forte dynamique d'activité (+5% toutes activités confondues et tous sites confondus), une meilleure valorisation de cette activité, et une maîtrise des dépenses", a-t-elle développé, soulignant "l'engagement de chacun".
L'activité ambulatoire a pris 6% à 7% d'augmentation et l'hospitalisation conventionnelle a progressé de 5%, "ce qui était un enjeu pour retrouver les chiffres de 2019", a précisé la directrice auprès d'APMnews.
"Malgré les efforts consentis, les grands équilibres sociaux ont pu être maintenus. Nous sommes ainsi parvenus à l'harmonisation des règles de gestion des ressources humaines entre les trois sites, achevant la fusion, mais permettant aussi une amélioration des conditions de travail; je pense à Tréguier et à l'extinction progressive des horaires de coupure", a-t-elle ajouté. Au printemps 2024, le CH avait connu une crise sociale avec des arrêts maladie massifs l'ayant obligé à transférer des patients vers d'autres établissements.
Les opérations de modernisation annoncées en 2025 ont débuté, soit par des études, soit par des travaux effectifs. Pour tenir compte des difficultés financières, elles ont été "calendées" mais sont nombreuses:
- l'extension du bloc de gynécologie-obstétrique, qui sera livrée en avril
- l'ouverture d'une troisième salle d'activité interventionnelle (1,8 M€) en phase d'étude, prévue pour fin 2027
- la rénovation du secteur sanitaire de Paimpol et des travaux pour installer un appareil d'IRM qui sera mis en service en janvier 2027 (1,5 M€ et 2 M€)
- le lancement des travaux de restructuration de l'Ehpad Anatole-Le Braz–Paul-Le Flem à Tréguier (10 M€ dont la moitié financée par l'ARS et le Département, pour 2029)
- la restructuration des urgences adultes à Saint-Brieuc (6 M€): en études avec des livraisons en trois phases étalées de 2028 à 2030 dont un plateau d'imagerie comprenant un troisième appareil d'IRM livré en 2028
- l'extension de la salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) du bloc opératoire central à Saint-Brieuc, prévue pour fin 2026.
Ces opérations vont se poursuivre en 2026 et d'autres débuteront. La rénovation et réorganisation des ailes d'hospitalisation du bâtiment principal du site Yves-Le Foll à Saint-Brieuc a permis de rénover plusieurs ailes, de réaliser le rapatriement de la médecine gériatrique du site des Capucins et d'étendre les capacités de la médecine polyvalente.
La fermeture des "troisièmes lits" (par chambre) a pu être entamée au dernier trimestre 2025. La directrice espère leur disparition complète en 2026.
La rénovation des urgences est très attendue pour offrir "des conditions d'accueil et de travail dignes". Le service a été soumis à rude épreuve début 2026 avec la surcharge d'activité liée aux épidémies hivernales, aux conditions météorologiques difficiles et à la grève des médecins libéraux. "Un record absolu" de passages aux urgences a encore été enregistré lundi, mais la situation s'améliore et l'hôpital a pu lever le plan blanc qui avait été déclenché début janvier, a rapporté Ariane Benard.
La directrice a salué "la formidable dynamique de l'établissement" sur le développement durable avec le passage au service à l'assiette et la fin des barquettes en plastique pour les repas des patients, le bionettoyage à l'eau, la limitation de l'utilisation des gants et la promotion de la prescription des médicaments par voie orale (plutôt qu'intraveineuse) du côté de l'écoconception des soins.
D'autres réalisations sont attendues en 2026 avec l'implantation de panneaux photovoltaïques sur le parking du personnel (cf dépêche du 07/04/2025 à 18:10) et la mise en service d'une chaufferie bois sur le site des Capucins.
Des transformations organisationnelles en 2025
Le Dr Régis Delaunay, président de la commission médicale d'établissement (CME), a aussi souligné la "dynamique d'activité soutenue" avec une hausse d'activité qui s'accompagne "d'une meilleure fluidité des parcours, avec une baisse de la durée moyenne de séjour", reflet d'un hôpital qui se modernise.
"2025 a été une année de transformations médicales et organisationnelles profondes, pensées pour répondre aux besoins réels de santé de notre population", a-t-il estimé, se félicitant aussi des signes positifs sur le recrutement avec plus de 15 praticiens hospitaliers recrutés en septembre 2025.
"Sur le plan des nouvelles activités médicales, plusieurs étapes structurantes ont été franchies", a-t-il rapporté, citant l'autonomie médicale de l'activité de Tavi (valves aortiques par voie percutanée), offrant une alternative à la chirurgie lourde pour les personnes âgées en cardiologie, le développement de l'ablation de la fibrillation atriale avec près de 150 procédures effectuées, l'inauguration de la maison des femmes santé et, en imagerie, le lancement du projet d'appareil d'IRM à Paimpol.
En chirurgie, le déploiement du parcours du patient debout à l'hôpital de Saint-Brieuc en ambulatoire doit améliorer l'expérience patient. Son extension en pédiatrie est envisagée.
Le déploiement progressif de la reconnaissance vocale avec l'outil Dragon* améliore la réactivité pour la production des comptes rendus et courriers médicaux. La communication est plus fluide avec la ville.
"2025 aura été une année charnière", a estimé Ariane Benard. "Elle a fermé un cycle marqué par la crise du Covid et ses multiples conséquences. Nous ouvrons un nouveau cycle qui ne sera pas nécessairement plus facile tant le système de santé est fragilisé".
La préparation du prochain projet d'établissement en 2026
Ce cycle s'ouvre avec la construction d'un nouveau projet d'établissement, "le premier de l'ensemble fusionné", a annoncé Ariane Benard. Ce nouveau projet 2026-2031 va "faire vivre la fusion". L'objectif est de le préparer au premier semestre pour une validation par les instances après l'été.
Après un bilan des précédents projets d'établissement, le nouveau sera construit sans ressources externes, de manière collaborative. Il devra intégrer les avancées attendues de l'intelligence artificielle (IA), prévoir l'évolution du bloc opératoire (vers une salle hybride ou intégrer de la robotisation, davantage d'activité interventionnelle) et développer encore l'écoconception des soins, a cité Ariane Benard auprès d'APMnews.
Le secteur médico-social a ouvert la voie avec l'élaboration presque achevée d'un projet d'établissement Ehpad unique aux trois sites et aux 1.500 lits d'Ehpad que compte le CH fusionné.
Une demi-journée de travail a déjà eu lieu avec les associations partenaires et les représentants des usagers. Ces derniers souhaitent être "pleinement associés à la démarche" en 2026, a fait valoir Gilles Lucas, président de la commission des usagers et représentant des usagers, dans son discours. "Les usagers sont légitimes pour exprimer le vécu réel des soins, de l'accueil et des parcours", a-t-il défendu. Il a noté en 2025 une amélioration des parcours de soins, le développement de nouvelles pratiques médicales, le renforcement de l'ambulatoire, ou encore le retour de la vaisselle en porcelaine.
sl/nc/APMnews
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UNE ANNÉE DE TRANSITION POUR LE CH SAINT-BRIEUC PAIMPOL TRÉGUIER, QUI A PU AMÉLIORER SES COMPTES
SAINT-BRIEUC, 22 janvier 2026 (APMnews) - Le centre hospitalier (CH) Saint-Brieuc Paimpol Tréguier a connu une année charnière en 2025, qui lui a permis de redresser sa trajectoire financière et de lancer des chantiers de modernisation, a présenté sa directrice, Ariane Benard, mercredi lors de la cérémonie des vœux à Saint-Brieuc.

"Avec une amélioration de 10 millions d'euros [M€] de son résultat, notre paquebot a changé de direction", a-t-elle annoncé, parlant d'un "exploit" grâce à "l'engagement de tout le collectif hôpital, l'activation de tous les leviers".
Issu de la fusion des trois établissements il y a deux ans, le CH Saint-Brieuc Paimpol Tréguier (2.305 lits et places) a pu faire passer son déficit de 25 M€ en 2024 à 15 M€ en 2025 alors que l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) visait -25 M€. Pour 2026, l'EPRD a prévu un déficit de 10 M€ sur près de 470 M€ de budget principal.
Ce qui a permis ce résultat, c'est "une forte dynamique d'activité (+5% toutes activités confondues et tous sites confondus), une meilleure valorisation de cette activité, et une maîtrise des dépenses", a-t-elle développé, soulignant "l'engagement de chacun".
L'activité ambulatoire a pris 6% à 7% d'augmentation et l'hospitalisation conventionnelle a progressé de 5%, "ce qui était un enjeu pour retrouver les chiffres de 2019", a précisé la directrice auprès d'APMnews.
"Malgré les efforts consentis, les grands équilibres sociaux ont pu être maintenus. Nous sommes ainsi parvenus à l'harmonisation des règles de gestion des ressources humaines entre les trois sites, achevant la fusion, mais permettant aussi une amélioration des conditions de travail; je pense à Tréguier et à l'extinction progressive des horaires de coupure", a-t-elle ajouté. Au printemps 2024, le CH avait connu une crise sociale avec des arrêts maladie massifs l'ayant obligé à transférer des patients vers d'autres établissements.
Les opérations de modernisation annoncées en 2025 ont débuté, soit par des études, soit par des travaux effectifs. Pour tenir compte des difficultés financières, elles ont été "calendées" mais sont nombreuses:
- l'extension du bloc de gynécologie-obstétrique, qui sera livrée en avril
- l'ouverture d'une troisième salle d'activité interventionnelle (1,8 M€) en phase d'étude, prévue pour fin 2027
- la rénovation du secteur sanitaire de Paimpol et des travaux pour installer un appareil d'IRM qui sera mis en service en janvier 2027 (1,5 M€ et 2 M€)
- le lancement des travaux de restructuration de l'Ehpad Anatole-Le Braz–Paul-Le Flem à Tréguier (10 M€ dont la moitié financée par l'ARS et le Département, pour 2029)
- la restructuration des urgences adultes à Saint-Brieuc (6 M€): en études avec des livraisons en trois phases étalées de 2028 à 2030 dont un plateau d'imagerie comprenant un troisième appareil d'IRM livré en 2028
- l'extension de la salle de surveillance post-interventionnelle (SSPI) du bloc opératoire central à Saint-Brieuc, prévue pour fin 2026.
Ces opérations vont se poursuivre en 2026 et d'autres débuteront. La rénovation et réorganisation des ailes d'hospitalisation du bâtiment principal du site Yves-Le Foll à Saint-Brieuc a permis de rénover plusieurs ailes, de réaliser le rapatriement de la médecine gériatrique du site des Capucins et d'étendre les capacités de la médecine polyvalente.
La fermeture des "troisièmes lits" (par chambre) a pu être entamée au dernier trimestre 2025. La directrice espère leur disparition complète en 2026.
La rénovation des urgences est très attendue pour offrir "des conditions d'accueil et de travail dignes". Le service a été soumis à rude épreuve début 2026 avec la surcharge d'activité liée aux épidémies hivernales, aux conditions météorologiques difficiles et à la grève des médecins libéraux. "Un record absolu" de passages aux urgences a encore été enregistré lundi, mais la situation s'améliore et l'hôpital a pu lever le plan blanc qui avait été déclenché début janvier, a rapporté Ariane Benard.
La directrice a salué "la formidable dynamique de l'établissement" sur le développement durable avec le passage au service à l'assiette et la fin des barquettes en plastique pour les repas des patients, le bionettoyage à l'eau, la limitation de l'utilisation des gants et la promotion de la prescription des médicaments par voie orale (plutôt qu'intraveineuse) du côté de l'écoconception des soins.
D'autres réalisations sont attendues en 2026 avec l'implantation de panneaux photovoltaïques sur le parking du personnel (cf dépêche du 07/04/2025 à 18:10) et la mise en service d'une chaufferie bois sur le site des Capucins.
Des transformations organisationnelles en 2025
Le Dr Régis Delaunay, président de la commission médicale d'établissement (CME), a aussi souligné la "dynamique d'activité soutenue" avec une hausse d'activité qui s'accompagne "d'une meilleure fluidité des parcours, avec une baisse de la durée moyenne de séjour", reflet d'un hôpital qui se modernise.
"2025 a été une année de transformations médicales et organisationnelles profondes, pensées pour répondre aux besoins réels de santé de notre population", a-t-il estimé, se félicitant aussi des signes positifs sur le recrutement avec plus de 15 praticiens hospitaliers recrutés en septembre 2025.
"Sur le plan des nouvelles activités médicales, plusieurs étapes structurantes ont été franchies", a-t-il rapporté, citant l'autonomie médicale de l'activité de Tavi (valves aortiques par voie percutanée), offrant une alternative à la chirurgie lourde pour les personnes âgées en cardiologie, le développement de l'ablation de la fibrillation atriale avec près de 150 procédures effectuées, l'inauguration de la maison des femmes santé et, en imagerie, le lancement du projet d'appareil d'IRM à Paimpol.
En chirurgie, le déploiement du parcours du patient debout à l'hôpital de Saint-Brieuc en ambulatoire doit améliorer l'expérience patient. Son extension en pédiatrie est envisagée.
Le déploiement progressif de la reconnaissance vocale avec l'outil Dragon* améliore la réactivité pour la production des comptes rendus et courriers médicaux. La communication est plus fluide avec la ville.
"2025 aura été une année charnière", a estimé Ariane Benard. "Elle a fermé un cycle marqué par la crise du Covid et ses multiples conséquences. Nous ouvrons un nouveau cycle qui ne sera pas nécessairement plus facile tant le système de santé est fragilisé".
La préparation du prochain projet d'établissement en 2026
Ce cycle s'ouvre avec la construction d'un nouveau projet d'établissement, "le premier de l'ensemble fusionné", a annoncé Ariane Benard. Ce nouveau projet 2026-2031 va "faire vivre la fusion". L'objectif est de le préparer au premier semestre pour une validation par les instances après l'été.
Après un bilan des précédents projets d'établissement, le nouveau sera construit sans ressources externes, de manière collaborative. Il devra intégrer les avancées attendues de l'intelligence artificielle (IA), prévoir l'évolution du bloc opératoire (vers une salle hybride ou intégrer de la robotisation, davantage d'activité interventionnelle) et développer encore l'écoconception des soins, a cité Ariane Benard auprès d'APMnews.
Le secteur médico-social a ouvert la voie avec l'élaboration presque achevée d'un projet d'établissement Ehpad unique aux trois sites et aux 1.500 lits d'Ehpad que compte le CH fusionné.
Une demi-journée de travail a déjà eu lieu avec les associations partenaires et les représentants des usagers. Ces derniers souhaitent être "pleinement associés à la démarche" en 2026, a fait valoir Gilles Lucas, président de la commission des usagers et représentant des usagers, dans son discours. "Les usagers sont légitimes pour exprimer le vécu réel des soins, de l'accueil et des parcours", a-t-il défendu. Il a noté en 2025 une amélioration des parcours de soins, le développement de nouvelles pratiques médicales, le renforcement de l'ambulatoire, ou encore le retour de la vaisselle en porcelaine.
sl/nc/APMnews
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