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UNE RESTRUCTURATION EN COURS À LA MATERNITÉ DU PÔLE SANTÉ SARTHE ET LOIR, DANS UN CONTEXTE DE LOURD DÉFICIT
Depuis plus de deux ans, les accouchements à la maternité du PSSL sont suspendus. La première suspension avait été annoncée en avril 2023 par l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, en application de la loi Rist, qui plafonne la rémunération de l'intérim médical, rappelle-t-on (cf dépêche du 14/04/2023 à 18:04).
La suspension avait été systématiquement prolongée, et reconfirmée par un arrêté publié au recueil des actes administratifs de la région Pays de la Loire le 18 décembre 2025.
Dans ce texte, la suspension "temporaire et partielle" de l'autorisation d'activité de soins de gynécologie-obstétrique en hospitalisation complète du PSSL était prononcée pour une durée d'un an, à compter du 19 décembre 2025.
L'ARS, pointant un manque de gynécologues et de pédiatres à temps plein au PSSL, a notamment motivé sa décision par le fait que l'établissement "ne parvient pas à assurer de manière sécure la continuité et la permanence des soins".
En janvier 2024, un collectif de défense s'était constitué pour interpeller la population et les élus. Baptisé "Ensemble pour la maternité", il avait lancé une pétition recueillant plusieurs milliers de signatures, en considérant la maternité de proximité du PSSL comme "indispensable sur le territoire" (cf dépêche du 06/03/2024 à 17:48).
Une transformation en centre périnatal de proximité préconisée par l'Anap
Dans un courrier daté du 28 novembre 2025, l'ARS avait demandé au PSSL de "garantir une organisation des soins conforme aux exigences de qualité et de sécurité des soins" de l'activité de gynécologie et d'obstétrique.
Cette réorganisation pourrait se traduire par une transformation de la maternité en centre périnatal de proximité (CPP).
Dans un audit réalisé en 2024, qu'APMnews a pu consulter, l'Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) a préconisé au PSSL d'arrêter son activité d'accouchement.
L'agence a aussi encouragé l'établissement à s'orienter "vers un centre de périnatalité de proximité pluridisciplinaire", avec des consultations de gynécologues, de sages-femmes et de psychologues.
Le PSSL, contacté par APMnews lundi 9 février, estime que le CPP constituerait un "cadre juridique adapté" pour sa situation.
"Le CPP permet de structurer les liens avec la ou les maternités support où se déroulent les accouchements, en maintenant un maximum d'offre en proximité avant et après l'accouchement pour la mère et l'enfant", décrit-il.
L'établissement rapporte qu'il n'a pour l'instant "pas encore fait la démarche" de transformer sa maternité en CPP, une décision qui acterait l'abandon définitif de ses activités d'accouchement. "La décision d'une fermeture définitive [de la maternité] n'est pas prise à ce jour et n'est pas d'actualité", insiste-t-il.
Le PSSL estime que la suspension d'un an des activités d'accouchement doit permettre "d'évaluer la faisabilité d'une reprise d'activité et de statuer sur le maintien ou la fermeture définitive de l'activité".
"La reprise d'une activité de naissance impliquerait au minimum six gynécologues, six pédiatres assurant des gardes et autant d'anesthésistes acceptant la double responsabilité du bloc opératoire et de la maternité", fait savoir l'établissement. Le PSSL compte actuellement "un seul gynécologue" et "un seul pédiatre avec une compétence en néonatologie".
Dans le numéro d'automne de son journal institutionnel interne, intitulé "Pôle info", l'établissement écrit qu'en juin 2025, le service de gynécologie-obstétrique du PSSL s'est donné comme feuille de route de "développer un centre périnatal de proximité (CPP) afin de maintenir une offre de soins la plus large possible sur la santé de la femme et de l'enfant au PSSL".
L'établissement précise à APMnews qu'il sera amené à "renforcer et développer […] la coordination des parcours avec le centre hospitalier du Mans et le CHU d'Angers notamment" et promet de communiquer sur ces activités "le temps venu".
Le PSSL est en direction commune avec le centre hospitalier (CH) du Mans depuis février 2025, rappelle-t-on (cf dépêche du 05/03/2025 à 17:00).
En septembre 2025, le CH du Mans a annoncé vouloir faire de la coordination et la fluidification des parcours de soins avec les autres établissements sarthois l'une des priorités de son projet d'établissement 2025-2030 (cf dépêche du 23/09/2025 à 19:24).
Une motivation financière pour restructurer l'établissement
Dans son discours de vœux, le directeur délégué du PSSL rapporte que le déficit d'exploitation du PSSL est supérieur à 12%. Il estime la situation financière de l'établissement "fortement préoccupante".
"La fin des aides financières issues de la période Covid a fortement impacté l'établissement", a contextualisé Aldric Evain, en relevant aussi que malgré "une hausse significative", l'activité de l'établissement restait inférieure à celle de 2019.
En 2024, le déficit du PSSL s'établissait à environ 8 millions d'euros (M€), sur un budget total de quelque 90 M€, soit autour de 9% de déficit.
Aldric Evain fait part pour 2025 d'une insuffisance d'autofinancement de près de 10 M€ et de "difficultés de trésorerie majeures" qui rendent l'établissement "dépendant de l'aide financière des tutelles".
"Ce niveau de déficit n'est pas soutenable. Il était attendu, compte tenu de la contraction de l'activité", a-t-il confié.
Il estime que la mise en place d'une "restructuration" de la maternité était nécessaire dans ce contexte, jugeant qu'il n'est "ni raisonnable ni soutenable de maintenir des ressources là où il n'y a plus d'activité".
En 2025, le PSSL a réduit ses capacités en chirurgie de 25 à 18 lits. Il a aussi réorganisé ses services d'urgence, en déployant notamment une unité mobile hospitalière paramédicalisée (UMHP) en horaires de nuit.
Une demande d'autorisation a été déposée à l'ARS Pays de la Loire pour mettre en place une antenne de médecine d'urgence (AMU) au PSSL, mais aussi au CH de Montval, au CH de Saint-Calais et au CH de La Ferté-Bernard, tous en direction commune avec le CH du Mans (cf dépêche du 16/01/2026 à 19:00).
Forte reprise de l'activité malgré les déficitsEn 2025, le PSSL a enregistré une croissance de 25% de son activité par rapport à l'année 2024, après cinq années successives de diminution.L'établissement recense ainsi, en un an, une hausse de 22% des passages aux urgences, de 5% des séjours en médecine, de 18% des activités de bloc opératoire, de 25% de ses activités en pédiatrie et de 14% de ses activités en soins médicaux et de réadaptation (SMR). Il fait aussi état d'une progression de 27% de ses activités en hôpital de jour et compte environ 3.000 consultations supplémentaires sur l'ensemble de ses spécialités en 2025, par rapport aux 37.797 actes recensés en 2024. Aldric Evain lie notamment cette reprise d'activité à la reprise des urgences du PSSL le week-end et à l'extension de ses horaires et de son volume d'activité. Le directeur délégué du PSSL note aussi une reprise de l'unité d'hospitalisation de courte durée depuis fin 2024. Cette unité de quatre lits a permis "un fonctionnement plus fluide des urgences et une réserve de lits supplémentaires lors des périodes de tension". Le PSSL a aussi rouvert, début 2025, son unité de soins renforcés (USR) de six lits. |
al/lb/APMnews
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UNE RESTRUCTURATION EN COURS À LA MATERNITÉ DU PÔLE SANTÉ SARTHE ET LOIR, DANS UN CONTEXTE DE LOURD DÉFICIT
Depuis plus de deux ans, les accouchements à la maternité du PSSL sont suspendus. La première suspension avait été annoncée en avril 2023 par l'agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, en application de la loi Rist, qui plafonne la rémunération de l'intérim médical, rappelle-t-on (cf dépêche du 14/04/2023 à 18:04).
La suspension avait été systématiquement prolongée, et reconfirmée par un arrêté publié au recueil des actes administratifs de la région Pays de la Loire le 18 décembre 2025.
Dans ce texte, la suspension "temporaire et partielle" de l'autorisation d'activité de soins de gynécologie-obstétrique en hospitalisation complète du PSSL était prononcée pour une durée d'un an, à compter du 19 décembre 2025.
L'ARS, pointant un manque de gynécologues et de pédiatres à temps plein au PSSL, a notamment motivé sa décision par le fait que l'établissement "ne parvient pas à assurer de manière sécure la continuité et la permanence des soins".
En janvier 2024, un collectif de défense s'était constitué pour interpeller la population et les élus. Baptisé "Ensemble pour la maternité", il avait lancé une pétition recueillant plusieurs milliers de signatures, en considérant la maternité de proximité du PSSL comme "indispensable sur le territoire" (cf dépêche du 06/03/2024 à 17:48).
Une transformation en centre périnatal de proximité préconisée par l'Anap
Dans un courrier daté du 28 novembre 2025, l'ARS avait demandé au PSSL de "garantir une organisation des soins conforme aux exigences de qualité et de sécurité des soins" de l'activité de gynécologie et d'obstétrique.
Cette réorganisation pourrait se traduire par une transformation de la maternité en centre périnatal de proximité (CPP).
Dans un audit réalisé en 2024, qu'APMnews a pu consulter, l'Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) a préconisé au PSSL d'arrêter son activité d'accouchement.
L'agence a aussi encouragé l'établissement à s'orienter "vers un centre de périnatalité de proximité pluridisciplinaire", avec des consultations de gynécologues, de sages-femmes et de psychologues.
Le PSSL, contacté par APMnews lundi 9 février, estime que le CPP constituerait un "cadre juridique adapté" pour sa situation.
"Le CPP permet de structurer les liens avec la ou les maternités support où se déroulent les accouchements, en maintenant un maximum d'offre en proximité avant et après l'accouchement pour la mère et l'enfant", décrit-il.
L'établissement rapporte qu'il n'a pour l'instant "pas encore fait la démarche" de transformer sa maternité en CPP, une décision qui acterait l'abandon définitif de ses activités d'accouchement. "La décision d'une fermeture définitive [de la maternité] n'est pas prise à ce jour et n'est pas d'actualité", insiste-t-il.
Le PSSL estime que la suspension d'un an des activités d'accouchement doit permettre "d'évaluer la faisabilité d'une reprise d'activité et de statuer sur le maintien ou la fermeture définitive de l'activité".
"La reprise d'une activité de naissance impliquerait au minimum six gynécologues, six pédiatres assurant des gardes et autant d'anesthésistes acceptant la double responsabilité du bloc opératoire et de la maternité", fait savoir l'établissement. Le PSSL compte actuellement "un seul gynécologue" et "un seul pédiatre avec une compétence en néonatologie".
Dans le numéro d'automne de son journal institutionnel interne, intitulé "Pôle info", l'établissement écrit qu'en juin 2025, le service de gynécologie-obstétrique du PSSL s'est donné comme feuille de route de "développer un centre périnatal de proximité (CPP) afin de maintenir une offre de soins la plus large possible sur la santé de la femme et de l'enfant au PSSL".
L'établissement précise à APMnews qu'il sera amené à "renforcer et développer […] la coordination des parcours avec le centre hospitalier du Mans et le CHU d'Angers notamment" et promet de communiquer sur ces activités "le temps venu".
Le PSSL est en direction commune avec le centre hospitalier (CH) du Mans depuis février 2025, rappelle-t-on (cf dépêche du 05/03/2025 à 17:00).
En septembre 2025, le CH du Mans a annoncé vouloir faire de la coordination et la fluidification des parcours de soins avec les autres établissements sarthois l'une des priorités de son projet d'établissement 2025-2030 (cf dépêche du 23/09/2025 à 19:24).
Une motivation financière pour restructurer l'établissement
Dans son discours de vœux, le directeur délégué du PSSL rapporte que le déficit d'exploitation du PSSL est supérieur à 12%. Il estime la situation financière de l'établissement "fortement préoccupante".
"La fin des aides financières issues de la période Covid a fortement impacté l'établissement", a contextualisé Aldric Evain, en relevant aussi que malgré "une hausse significative", l'activité de l'établissement restait inférieure à celle de 2019.
En 2024, le déficit du PSSL s'établissait à environ 8 millions d'euros (M€), sur un budget total de quelque 90 M€, soit autour de 9% de déficit.
Aldric Evain fait part pour 2025 d'une insuffisance d'autofinancement de près de 10 M€ et de "difficultés de trésorerie majeures" qui rendent l'établissement "dépendant de l'aide financière des tutelles".
"Ce niveau de déficit n'est pas soutenable. Il était attendu, compte tenu de la contraction de l'activité", a-t-il confié.
Il estime que la mise en place d'une "restructuration" de la maternité était nécessaire dans ce contexte, jugeant qu'il n'est "ni raisonnable ni soutenable de maintenir des ressources là où il n'y a plus d'activité".
En 2025, le PSSL a réduit ses capacités en chirurgie de 25 à 18 lits. Il a aussi réorganisé ses services d'urgence, en déployant notamment une unité mobile hospitalière paramédicalisée (UMHP) en horaires de nuit.
Une demande d'autorisation a été déposée à l'ARS Pays de la Loire pour mettre en place une antenne de médecine d'urgence (AMU) au PSSL, mais aussi au CH de Montval, au CH de Saint-Calais et au CH de La Ferté-Bernard, tous en direction commune avec le CH du Mans (cf dépêche du 16/01/2026 à 19:00).
Forte reprise de l'activité malgré les déficitsEn 2025, le PSSL a enregistré une croissance de 25% de son activité par rapport à l'année 2024, après cinq années successives de diminution.L'établissement recense ainsi, en un an, une hausse de 22% des passages aux urgences, de 5% des séjours en médecine, de 18% des activités de bloc opératoire, de 25% de ses activités en pédiatrie et de 14% de ses activités en soins médicaux et de réadaptation (SMR). Il fait aussi état d'une progression de 27% de ses activités en hôpital de jour et compte environ 3.000 consultations supplémentaires sur l'ensemble de ses spécialités en 2025, par rapport aux 37.797 actes recensés en 2024. Aldric Evain lie notamment cette reprise d'activité à la reprise des urgences du PSSL le week-end et à l'extension de ses horaires et de son volume d'activité. Le directeur délégué du PSSL note aussi une reprise de l'unité d'hospitalisation de courte durée depuis fin 2024. Cette unité de quatre lits a permis "un fonctionnement plus fluide des urgences et une réserve de lits supplémentaires lors des périodes de tension". Le PSSL a aussi rouvert, début 2025, son unité de soins renforcés (USR) de six lits. |
al/lb/APMnews
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