Syndrome phalloïdien : Conduite à tenir
Ce traitement est à appliquer à tout malade victime
d'une intoxication phalloïdienne diagnostiquée de
façon certaine par la reconnaissance des espèces
absorbées ou simplement soupçonnées par la
survenue plus de 6 heures après l'ingestion de champignons
d'un syndrome gastro-entéritique sévère.
Ces malades doivent immédiatement être hospitalisés
en réanimation.
Le traitement comporte plusieurs volets
- Réanimation symptomatique
- La compensation des pertes hydriques et des pertes ioniques
est une priorité qui justifie l'hospitalisation précoce
- La réduction de la mortalité est liée
aux progrès de la réanimation symptomatique
- Epuration digestive
- Le lavage gastrique
n'est justifié que lors d'une prise en charge précoce
(ingestion accidentelle par un enfant, contexte suicidaire)
- L'aspiration du liquide gastroduodénal, proposée
pour rompre le cycle entérohépatique, est en pratique
rendue difficile par l'intolérance digestive
- L'administration répétée de charbon
activé (toutes les 4-6 heures) est une alternative
dont l'efficacité reste à démontrer
- Les diarrhées sont à respecter car les selles
sont riches en toxines
- Epuration rénale et extra rénale
- Comme l'excrétion rénale est la principale
voie d'élimination des amatoxines, il convient de maintenir
une hydratation et une fonction rénale correctes (diurèse
: 100-200 mL/h)
- La diurèse forcée est sans effet.
- Les techniques d'épuration extrarénale (hémodialyse,
hémoperfusion, plasmaphérèse
) n'ont
pas fait la preuve de leur efficacité.
- L'emploi du MARS
(molecular absorbent recirculating system) améliore le
pronostic, mais n'a pas d'effet sur l'élimination de l'amanitine.
Cette technique épure notamment les toxines liées
aux protéines, les métabolites accumulés
du fait de la défection de la fonction d'épuration
hépatique.
- Traitement "antitoxique"
- Il n'existe pas de véritable antidote de l'intoxication
phalloïdienne
- La pénicilline G n'a pas démontrée son
efficacité : elle n'est plus recommandée
- La silibinine
est préconisée sur des bases physiopathologique
et expérimentale ; son efficacité reste à
établir
- La N-acétylcystéine
(NAC) agirait en restaurant le niveau intracellulaire de glutathion.
Son efficacité reste à établir
- Traitement de l'insuffisance hépatocellulaire
- Il n'est pas spécifique
- La régénération hépatique peut
être appréciée par le dosage des alpha-fœtoprotéines
- Transplantation hépatique orthotopique (THO)
- La difficulté est de cerner précocement les
facteurs pronostiques de l'irréversibilité de l'atteinte
hépatique
- Seuls l'allongement du temps de Quick (84% de décès
quand le TP est inférieur à 10%) et la diminution
du facteur V sont bien corrélés à un pronostic
défavorable
- Pour d'autres, la présence d'un taux de prothrombine
(ou d'un facteur V) inférieur à 10%, d'une acidose
lactique, d'hémorragies digestives, d'une insuffisance
rénale est corrélée à un pronostic
défavorable
- Toutes les THO publiées ont été réalisées
à partir du 5e jour et aucune intoxication du greffon
n'a été rapportée
Ecran principal
Notions générales Eléments
diagnostiques
Réalisé
sous la direction du Pr Vincent Danel, Université Grenoble
Alpes
Dernière révision : Décembre 2019