Utilisation du score de NEWS pour la détection précoce des patients à risque d'évolution défavorable.

Diffusé le 16/10/2020

Jean-christophe Bouennec (1), Florian Bonnet (1), Farès Moustafa (2), Aurélien Mulliez (3), Sebastien Loiseau (4), Audrey Niel (5), Julien Raconnat (2), Jeannot Schmidt (2)

1. Urgences Adultes, CHU Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France
2. pôle SAMU-SMUR-Urgences, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France
3. Service Biostatistique, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand, France
4. Urgences Adultes, CH Montluçon, Montluçon, France
5. Pôle SAMU-SMUR-Urgences, CHU de Clermont-Ferrand, Clermont-ferrand, France

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Introduction : Plusieurs outils ont été mis au point pour détecter des patients à risque de se dégrader avec des scores de triage (CIMU : Classification infirmières des malades aux urgences ou la FRENCH : FRench Emergency Nurses Classification in Hospital) et des scores d'alerte précoce (qSOFA : quick Sepsis-related Organ Failure Assessment ou le score NEWS : National Early Warning Score). L'intérêt du score NEWS dans la détection et le suivi des patients à risque de se dégrader a été démontré mais jamais dans un service d'urgences français. L'objectif de notre étude était d'évaluer la capacité du score NEWS à détecter, dès le triage, les patients qui présenteront une évolution défavorable.
Méthodes : Nous avons réalisé une étude rétrospective, monocentrique, descriptive, des patients admis au service d'accueil des urgences d'un CHU du 01/04/2018 au 31/03/2019. Nous avons inclus les patients présentant tous les items du score NEWS. Le critère de jugement principal était le décès, et/ou une mutation vers une unité de réanimation, de soins intensifs, de soins continus.
Résultats : Parmi les 4024 passages inclus, 631 (15,7%) ont présenté le critère de jugement principal, 961 (23,9%) étaient classés NEWS intermédiaire, et 746 (18,5%) étaient classés NEWS élevé. 9% des passages avec un NEWS faible ont présenté une évolution défavorable, contre 17,2% pour les NEWS intermédiaires et 34,6% pour les NEWS élevés (p>0,001). Moins de 1% des passages avec un NEWS faible sont décédés contre 4,1% pour les NEWS intermédiaires et 14,7% pour les NEWS élevés (p>0,001). En analyse multivariée, le risque d'une évolution défavorable par rapport à un score NEWS faible était multiplié par 1,99 (IC 95% : 1,59-2,49; p>0,001) pour les NEWS intermédiaires et par 4,8 (IC 95% : 3,90-5,99 ; p>0,001) pour les NEWS élevés. L'AUROC du NEWS (0,7125 [IC95% : 0,687-0,737]) était significativement supérieure à celle du qSOFA (0,6280 [IC95% : 0,603-0,653], p>0,001), à l'inverse de la FRENCH (0,696 [IC95% : 0,674-0,718], p=0.24).
Conclusion : Notre étude a permis de montrer que le score NEWS était utile pour la détection précoce des patients à risque de se dégrader. Toutefois, le recueil insuffisant de certains paramètres tels que la fréquence respiratoire, laisse suspecter une sous-estimation de la performance de ce score. Une étude prospective avec un recueil systématisé de l'ensemble des paramètres nécessaires au calcul du score NEWS pourrait étudier cette hypothèse.
Tags : Urgences Décés Score
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